Analyse de «l’esprit de la forêt» sur la publication : Le loup, 10 vérités à rétablir

La publication en question :

Brochure distribué par JA, FNSEA, FNO et APCA

Brochure distribué par JA, FNSEA, FNO et APCA

Je signale au passage aux Chambres d’agriculture (APCA) sur leur portal Internet un double « lapsus » sur l’article suivant :  Téléchargez la plaquette « Loup : 10 vérités à rétablir » [Pdf – 12 pages] – Le lien affiche comme description du document PDF et de son info-bulle « Loup : 10 vérités à établir ». Confusant n’est-il pas !

I/ Le loup, 10 vérités à rétablir, brochure diffusée lors du dernier salon de l’agriculture (JA, FNSEA, FNO et APCA).

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6. Le loup, un problème pour la faune sauvage – Faux

Réponse Houmbaba : Faux

Cf. extrait parution – (Oui, les loups mangent des chevreuils, non, il ne fait pas disparaître le gibier, les populations d’ongulés sauvages sont abondantes et ne sont pas la propriété des chasseurs, le mouflon, un animal exotique réintroduit par les chasseurs -1,5 millions de chevreuils,1 million de sangliers, 100 000 chamois et 30 000 isards).

En résumé : oui, le loup a besoin d’être protégé (Convention de Berne, protection en France, inscrit aux annexes II et IV de la Directive Habitats (92/43/CEE) au titre d’espèce prioritaire. Une population encore trop faible pour être viable).

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5. Le pâturage enrichit la biodiversité des montagnes –

Réponse Houmbaba : Faux

Cf. extrait parution – (Le pastoralisme pas forcément synonyme d’entretien du paysage, les moutons n’ont jamais créé la moindre espèce, la flore et la faune des prairies existaient avant les moutons, le pâturage n’est pas toujours synonyme de biodiversité, écologiquement, la montagne n’a pas besoin de moutons).

Un des critères de l’UICN utilisé pour qualifier la biodiversité est la richesse des milieux ouverts, alors que les milieux les plus riches au monde sont les forêts tropicales. En France, un des « modèles » le plus mobilisé de diversité biologique est celui des milieux ouverts, où l’on rentre nécessairement en conflit avec le monde agricole, le « monde de l’herbe » par excellence avec une forme « d’obsession du défrichage ».

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4. Le loup, vrai problème de l’élevage – Faux

Réponse Houmbaba : Faux

Cf. extrait parution – (Difficultés des éleveurs présentes avant le retour du loup, revenu de la filière ovine de montagne dépendant aux 2/3 de subventions, l’élevage ovin-viande en France, une filière en difficulté, le mouton résiste mieux dans l’arc alpin où le loup est installé, les aides importantes permettent le gardiennage des troupeaux , une espèce protégée ne peut servir de caution pour faire oublier les difficultés d’un filière, les pays voisins hébergent plus de loups et l’élevage ovin s’y porte mieux).

La France vacille sur ses valeurs, elle ne sait plus cuisiner le mouton, une viande qui « sent ». Il faut convoquer à nouveau le génie agricole et gastronomique français.

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3. Le loup, incompatible avec le pastoralisme – Faux

Réponse Houmbaba : Faux

Cf. extrait parution – (Oui, la prédation sur certains troupeaux est une réalité… Mais la cohabitation est possible, le bétail tué est correctement indemnisé, le doute bénéficie à l’éleveur, les brebis meurent surtout d’autres causes, en 10 ans au maximum 0,6% du cheptel – sur 700 000 brebis- contre une mortalité hors loup de 3 à 7% pour les brebis, 10 à 15% pour les agneaux, 400 000 à 500 000 ovins de réforme envoyés à l’équarrissage).

Le taux de moutons tués et attribués au loup depuis 10 ans (0,6% du cheptel[1]), en augmentation constante, est au moins six fois plus élevé que celui observé dans deux Etats Nord-américains entre 1994 et 2004 avec une population de loups équivalentes à la nôtre à l’époque.

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2. Le loup, un nouveau venu – Faux

Réponse Houmbaba : Faux

Cf. extrait parution – (Présent depuis 400 000 ans, pourchassé jusqu’à disparaître dans les années 1930, revenu naturellement dans les années 1990, une réinstallation plus lente que nature… Actuellement en phase de recolonisation, une répartition qui s’étend, ainsi que son effectif global, mais les populations locales n’augmentent pas ! Il serait donc absurde d’envisager une « régulation » de l’espèce).

Certes, il est présent depuis 400 000 ans[1] et même plus. Mais le loup est aussi un nouveau venu ! Il disparaît dans une France dévastée où 90 % de la population est rurale, et revient dans un pays avec 1,5 % d’agriculteurs. Il réapparaît dans un autre paysage biologique, démographique, économique et politique. Avec sa capacité d’adaptation, doué d’une innovation comportementale qui se révèle au niveau de l’individu, le loup est « facteur dépendant » dans ses comportements de son milieu. De ce point de vue, c’est  un nouveau venu.

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1. Le loup, un animal extraordinaire – Faux

Réponse Houmbaba : Faux

Cf. extrait parution – (Un carnivore comme les autres, une espèce sociale et territoriale, une répartition réduite à presque rien (0,5% de sa répartition originelle), le nombre local de loups n’augmente pas. « N’en faisons pas un mythe sacré… ni un diable » ).

Vrai. La majorité des prédateurs terrestres ne sont pas sociaux. Et la majorité des prédateurs sociaux, comme les dohls, les lycaons et les loups chez les canidés ou le lion parmi les félidés, ont des taux de réussite des attaques beaucoup plus importants que ceux des prédateurs non sociaux. Ensuite, le loup est dans nos « chaumières », avec Canis lupus familiaris, le chien, qui fait meute avec les humains. La domestication est un phénomène qui existe déjà il y a 35000 ans (voir la trace d’un canidé suivant l’empreinte de pas d’un enfant dans la grotte Chauvet). Ce n’est déjà pas si ordinaire.

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Analyse de «l’esprit de la forêt» sur la publication : Loup, pour en finir avec les contre vérités sur le pastoralisme et la chasse (10 associations)

La publication en question :

Loup, pour en finir avec les contre vérités sur le pastoralisme et la chasse

Loup, pour en finir avec les contre vérités sur le pastoralisme et la chasse

2/ Loup, pour en finir avec les contre vérités sur le pastoralisme et la chasse (10 associations : Animal Cross, ASPAS, FERUS, FNE, FRAPNA, GEML, LPO PACA, LPO Rhône-Alpes, SPA, SFEPM).

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A Lire – Le devenir loup, Billebaude n°4 : Le loup

Couverture de Billebaude n°4 - Le loup Juin 2014

Couverture
© Antoine Schneck, Leur chien, 2010

LE DEVENIR LOUP
Anne de Malleray, promenade avec Antoine Nochy

Pour comprendre le loup, nous sommes allés à sa recherche avec un ingénieur écologue « coureur de bois ». Approcher cet animal élusif oblige à convoquer expériences, techniques et savoirs multiples. Il faut savoir écouter les hommes et penser comme une forêt.

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Réponse à la consultation: Projet d’arrêté fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2014-2015

Carter Niemeyer et Antoine Nochy – Mercantour 2006
Mission d’expérimentation de piégeage réglementaire et de mise en place des conditions de piégeage scientifique dans le Massif du Mercantour fin 2006 qui a donné lieu à une dérogation pour la France pour utiliser le type de piège «Easygrap» en 2009.

Objet : Réponse à la consultation,
(1) Projet d’arrêté fixant le nombre maximum de spécimens de loups (Canis lupus) dont la destruction pourra être autorisée pour la période 2014-2015.

(2) Projet d’arrêté fixant la liste des départements dans lesquels peuvent être délimitées les unités d’action prévues par l’arrêté fixant les conditions et limites dans lesquelles des dérogations aux interdictions de destruction peuvent être accordées par les préfets concernant le loup (Canis lupus).

Association Houmbaba « L’esprit de la forêt », et Jean-Jacques Blanchon, Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme.

Des arrêtés absurdes qui prétendent réguler les « loups français », pourtant les solutions existent !

La réponse apportée par le gouvernement aux conflits engendrés par certains loups, à certains troupeaux et en certains lieux, est identique à celle des gouvernements qui l’ont précédé depuis 20 ans : les résultats montrent qu’elle est inadaptée et inefficace. C’est-à-dire qu’elle n’est pas en mesure de réduire les conflits récurrents avec l’élevage. Alors que la population de loups, désormais viable, colonise les régions de plaine.

Jamais le fait d’abattre des loups au hasard, de loin et au canon rayé, en dehors des situations d’attaque et à posteriori, n’a été ou ne sera en mesure « de prévenir les dommages aux troupeaux » contrairement aux allégations mentionnées. C’est la neutralisation du « loup dans la bergerie » qui est efficace, responsable, acceptable et conforme au statut juridique de l’espèce, et non pas de « détruire » l’espèce loup  au hasard des lieux et des situations comme les arrêtés proposent de le faire.

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